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Littérature | Le 24 mars 2021, par Sambuc éditeur.
Lecture : six minutes.


« Des auteurs et des œuvres »

Renée Vivien

Poétesse britannique, 1877–1909

Poétesse française née à Londres, Renée Vivien laisse une œuvre marquée par le symbolisme et le mouvement parnassien. Amie de Colette, et personnalité célèbre du Paris de la Belle Époque, elle vécut une vie brève, marquée autant par l’éclat d’un mode de vie libre et affirmé, que par ses liaisons malheureuses et ses excès violents.

(Image : Renée Vivien)

Pauline Mary Tarn naît le 11 juin 1877 à Londres. John Tarn, son père, est écossais ; il a bâti sa fortune dans l’immobilier, et est marié à Mary Gillett, originaire du Michigan. Il meurt en 1886, laissant la totalité de son héritage à sa fille Pauline. Après des études, poursuivies à New York, à Paris et à Londres, la jeune femme s’installe au début des années 1900 dans la capitale française, où l’héritage de son père lui permet de vivre confortablement. Elle adopte alors le nom de plume de Renée Vivien, publie dans plusieurs revues, et se fait connaître pour son mode de vie et son style vestimentaire excentriques, ainsi que par un lesbianisme affiché.

Renée Vivien publie, en 1901 et 1902, ses deux premiers recueils de poèmes, Études et Préludes et Cendres et Poussières, d’inspiration parnassienne. Le critique Jean Ernest-Charles publiera, dans la Revue politique et littéraire du 19 juillet 1902, un compte-rendu élogieux des Cendres et Poussières, et des traductions et poèmes en prose d’inspiration norvégienne publiés dans Brumes de Fjords la même année.

« Un soir d’automne, je vis l’Ondine qui sourit au fond des fjords.
Sa voix ruissela dans le silence tiède.
“Donne-moi des roses, des roses pour ma chevelure.
“Ma chevelure est pareille au reflet de la lune sur les ondes.
“Donne-moi des roses pour ma chevelure.”
Je cueillis les églantines qui blanchissent les vallées,
Et je les semai sur les flots. “Et toi, que me donneras-tu en échange de mes roses ?
— Je ne te donnerai rien.” »

(« L’Ondine », Brumes de fjords, Paris, A. Lemerre, 1902.)

En 1902, elle rencontre la baronne Hélène van Zuylen (1863–1947), fille de la famille Rotschild. Amantes plusieurs années, les deux femmes collaborent peut-être à des œuvres collectives, qu’elles signent sous le nom de Paule Riversdale. Renée Vivien voyage alors beaucoup, souvent en compagnie de la baronne, en Méditerranée (îles de Grèce, Turquie) ou en Asie.

En 1903, elle fait paraître chez l’éditeur parnassien Alphonse Lemerre un recueil de traductions des fragments de Sappho, qu’elle accompagne de poèmes que lui a inspirés la poétesse antique (Sapho. Traduction nouvelle avec le texte grec, Paris, Alphonse Lemerre, 1903). L’ouvrage, polyphonique, intègre aussi les traductions ou les adaptations latines ou anglaises des vers grecs. Les vers de Renée Vivien mêlent des mètres rares, comme l’hendécasyllabe (onze syllabes), et forment des pièces rythmées et riches.

« L’homme fortuné qu’enivre ta présence
Me semble l’égal des Dieux, car il entend
Ruisseler ton rire et rêver ton silence.
    Et moi, sanglotant,

Je frissonne toute, et ma langue est brisée :
Subtile, une flamme a traversé ma chair,
Et ma sueur coule ainsi que la rosée
    Âpre de la mer ;

Un bourdonnement remplit de bruits d’orage
Mes oreilles, car je sombre sous l’effort,
Plus pâle que l’herbe, et je vois ton visage
    À travers la mort. »

(« Ode à une Femme aimée » (Sapho. Traduction nouvelle avec le texte grec).)

Après une rupture brutale avec Hélène van Zuylen en 1907, Renée Vivien quitte l’Europe pour le Japon, en compagnie de sa mère. Sa santé se dégrade avec le voyage, et la détresse psychologique qui l’affecte. De retour en Europe, Renée Vivien, dépressive, alcoolique, compense les douleurs par l’excès et l’épuisement de la sensualité. Dans le même temps, sa poésie devient marquée par le mysticisme, jusqu’à rejoindre, dans ses derniers poèmes, le culte catholique auquel elle se convertit dans les derniers jours de sa vie.

Elle meurt en novembre 1909, dans sa trente-troisième année.


Sambuc éditeur


Renée Vivien aux éditions Sambuc

Retrouvez des textes de Renée Vivien dans la revue littéraire L’Eau-forte :

— La Beauté (n°6) : « Naples ».

— Le Désir (n°12) : « Atthis aux cheveux de crépuscule ». Trois poèmes d’après les Fragments de Sappho


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