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Sciences humaines | Le 27 mars 2021, par Sambuc éditeur.
Lecture : trois minutes.


Latéralisation

Phénomène biologique et culturel

La « latéralisation » désigne la préférence accordé à un organe symétrique sur son opposé. La préférence manuelle pour la main droite, qui constitue un exemple éminent du phénomène, est notoirement une constante de toutes les sociétés humaines ; et c’est en effet chez l’homme que la latéralisation, qui concerne de nombreuses espèces possédant une symétrie bilatérale, est la plus marquée.

(Image : Latéralisation)

Le fait majeur de la latéralisation renvoie à l’opposition entre main droite et main gauche ; mais le phénomène concerne en fait tous les organes corporels doubles, comme ceux de la perception (oreilles, yeux). En apparence symétriques, ces différents organes moteurs ou perceptifs connaissent ainsi des préférences d’usage, qui ne sont pas nécessairement uniformes chez le même individu (en particulier pour les yeux et les oreilles1).

Le phénomène le plus marquant associé à la latéralisation est sans doute la constance, dès le début de l’hominisation, de la préférence pour la main droite. La majorité des humains sont droitiers. La plupart du temps, cette latéralisation concerne aussi tous les autres membres (yeux, pieds, oreilles).

Les cultures humaines, à commencer par leurs langues et les lexiques associés aux côtés (« dextre » contre « sinistre », etc.), témoignent du phénomène qui se remarque aussi dans l’écriture avec une grande régularité : les caractères chinois, ainsi, sont adaptés pour s’écrire de la main droite. Les figures humaines de l’Égypte antique, dans les tombes, il y a deux à cinq mille ans, tiennent déjà l’outil ou l’arme de la main droite. Cette constance fait de la latéralisation un sujet d’étude de l’anthropologie.

On parle de latéralité forcée (ou de dextralité forcée) lorsqu’une personne est contrainte d’utiliser la main opposée à celle qu’elle utiliserait naturellement. La pression sociale exercée sur la pratique gauchère est un facteur important de l’évolution de la dextralité (usage de la main droite) en fonction de l’âge. Le phénomène de « dominance croisée », pour lequel une personne utilise deux membres opposés (la main droite et le pied gauche, par exemple), s’expliquerait entre autres par la contrariété des dispositions de l’individu.

À l’inverse, l’ambidextrie désigne une habileté approximativement égale des deux mains ou des deux côtés du corps. La véritable ambidextrie est toutefois très rare, et la plupart des ambidextres montrent, avec l’âge, une préférence pour un côté plutôt que l’autre, souvent en fonction de l’activité.

De façon plus générale, la latéralisation est un phénomène plus complexe que ne le laissent supposer les étiquettes de « droitier » et « gaucher ». La préférence pour une main, par exemple, dépend très souvent de la tâche à effectuer, et elle est d’autant plus marquée que la tâche réclame de précision, ou correspond à une activité fréquente. La diversité des activités humaines (mettant en œuvre les mains, mais aussi les autres organes) trace ainsi un tableau complexe de la latéralisation, où les préférences procèdent par degrés.

Récemment, la neurologie a cherché à expliquer l’origine de la latéralisation, en particulier chez l’homme. Il se trouve que l’hémisphère cérébral gauche, contrôlant majoritairement la motricité de la main droite chez les droitiers, est très souvent le même que celui mettant en œuvre les fonctions du langage. L’asymétrie dans l’usage des organes serait donc associée à celle du langage entre les deux hémisphères.

Les études les plus récentes au sujet de la latéralisation suggèrent le rôle de facteurs à la fois génétiques et épigénétiques, sans que le phénomène y soit réductible.


Sambuc éditeur


Notes

1. Ainsi, une étude américaine des années 1980 (Clare Porac et Stanley Coren, Lateral Preferences and Human Behavior, New York, Springer Verlag, 1981) relevait que seul 61,8% des individus étudiés avaient une préférence pour l’oreille et l’œil d’un même côté.

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