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Littérature | Le 31 juillet 2021, par Gérard Walch.
Lecture : trois minutes.


« Des auteurs et des œuvres »

Marie Dauguet

Poétesse française

Poétesse française, Marie Dauguet (1860–1942) sera saluée de son vivant par Remy de Gourmont et Émile Faguet. La présente notice biographique a été publiée par Gérard Walch dans le troisième volume de son Anthologie des poètes français contemporains, parue en 1907.

Mme Marie Dauguet est née le 2 avril 1860 à La Chaudeau (Haute-Saône), vieille forge pittoresquement blottie au creux d’un des vallons les plus sauvages des montagnes des Vosges. Élevée à la Rousseau, en pleine liberté et en pleine nature, elle s’est développée moralement et physiquement à la façon des plantes et des arbres, livrée à sa propre évolution, sans influences qui l’aient modifiée ou contrainte. Elle eut, pour seule éducation, l’entourage de parents profondément épris des bois, de la solitude, de la chasse, des plaisirs d’un foyer simple, mais que la culture et la pratique des arts a toujours égayé et embelli.

En 1875, son père alla s’établir au Beuchot, vieille usine située auprès d’un vaste étang, qu’encadrent les ballons vosgiens. C’est là qu’elle a vécu depuis (à l’exception de quelques voyages et de quelques séjours — chaque année — à Paris), toujours en contact avec la belle et forte nature des pays de Lorraine et de Franche-Comté. C’est là qu’elle a épousé, en 1880, un ami d’enfance et un compagnon de jeunesse, M. Dauguet. « D’esprit cultivé, de sympathie large ouverte à tout ce que je formulais de ma pensée ou de mes rêves, je lui dois, nous dit-elle, l’éclosion de ce qu’on veut bien m’accorder de talent. »

Pendant de longues années, Mme Dauguet s’est passionnément occupée de musique, jouant et approfondissant tous les maîtres, ivre de Chopin surtout, s’essayant à composer, peignant aussi, mais sans trouver ni dans la peinture, ni dans la musique, le moule où pût se fixer l’empreinte définitive de sa sensibilité

C’est en 1899 que, spontanément, en dehors de toute école, de toute doctrine, elle écrivit ses premiers poèmes ; les autres suivirent, notés au cours de l’heure, au gré de la vision et du songe ; sans souci du public, elle chantait pour elle-même. Elle avait trouvé sa voie. « Que dire de ma vie ? — nous écrit-elle, — elle n’eut d’autres aventures que celles de mes pensées. Éprise d’idéal, assoiffée de tous les bonheurs, anxieuse du sens de la vie, j’ai enfin trouvé, dans la possibilité de formuler mon être intérieur, un peu de cette paix que nous cherchons tous. L’art fut vraiment pour moi la libération. » (15 février 1904.)

« Mme Marie Dauguet, a dit un critique, est une femme qui sent profondément. Les faits quotidiens, humbles et vulgaires, éveillent en elle une émotion sympathique de tristesse ou de joie… Elle comprend et elle aime la nature, et, à force d’amour, elle en a senti vibrer l’âme à l’unisson de la sienne. Elle l’a regardée comme un peintre avec une attention infatigable et des yeux habiles à distinguer les nuances. Les paysages qu’elle dépeint sont ceux d’une région particulière, la Lorraine ; elle en a su voir et exprimer l’originalité. Musicienne, elle écoute parler le vent, les eaux, les arbres ; tous les bruits de la nature lui sont connus, et chacun d’eux éveille en son âme un écho harmonique. Désirant cette amie fidèle dé tous ses sens, elle en a respiré avec recueillement les parfums, tandis que ses yeux se repaissaient de couleurs et qu’à ses oreilles chantait la flûte rauque du vieux Pan ; elle a pleuré de la tristesse des choses et ressuscité avec elles sous les caresses du printemps. »

Bibliographie de Marie Dauguet

La Naissance du Poète (1897) ; — À travers le Voile (Vanier, Paris, 1902) ; — Les Paroles du Vent (1904) ; — Par l’Amour (Société du Mercure de France, Paris, 1906).

Mme Marie Dauguet a collaboré à la Plume (1er janvier 1903), à la Revue Hebdomadaire (ler mars et 22 novembre 1902), au Penseur (mars 1902), au Mercure de France (1902-1903-1904), à la Revue Idéaliste (15 avril 1903), à Minerva (15 mai 1902), à la Revue Latine (1903), à la Fronde (1903), aux Lettres (octobre 1906), etc.


Gérard Walch


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